De erfgenamen van de Duce

Tebani Slade: Matera in southern Italy is claimed to be the third-oldest continually inhabited settlement in the world, dating back at least 9,000 years.


 
Roosevelt was gefascineerd door de wonderbaarlijke opkomst van Italië nadat Mussolini er aan de macht gekomen was. Dat is wel het allerminste wat je zeggen kunt over zijn succes, lang voor Hitler, op economisch en militair terrein Vooral ook de grootscheepse architectonische en stedenbouwkundige ontwikkelingen lieten zien dat het land van een vooruitstrevende signatuur was. Sociale voorzieningen en de film hoorde er ook toe. Sociaal-democraten elders dweepten met zijn plannen, zoals de SDAP in Nederland. De gruwelijkheden begaan in de nieuw verworven koloniën werden met de mantel der liefde bedekt, ook al deden ze nauwelijks onder voor die van de Britten en andere koloniale machten.
 
De Duce stond pal voor de vrije markt, kapitalistische bloei en grootheid van Italië, met verachting voor het land, in de betekenis van het platteland, de paupers, het menselijk afval. Het schema dat nog steeds optimaal functioneert, nu mondiaal onder de heerschappij van de Verenigde Staten. Nergens anders waren de inspanningen van de USA na 1945 om het land te behouden voor die zogeheten vrije wereld zo intensief. Het land van Gramsci dreigde al met al, net als na 1918 ten prooi te vallen aan een ware socialistische revolutie, eentje van onderop en dat moest verijdeld worden. Corruptie, maffia, fascistische aanslagen (Gladio) werden de gewilde praktijk van alledag. Tja, Italië werd het modelland hoe democratie dient te functioneren onder Amerikaanse voorwaarden.
 
Laten we in de voetstappen treden van Pasolini, dan wordt terloops duidelijk wat in dit land voor altijd en onherstelbaar verwoest is. Cultuur…
 

 

 

CENT ANS APRÈS LA MARCHE SUR ROME :
FASCISME, DU PASSÉ AU PRÉSENT ET RETOUR

Le 27 octobre 1922 débutait la Marche sur Rome, qui allait consacrer l’arrivée au pouvoir de Benito Mussolini. Cent ans plus tard, avec la formation du gouvernement de Giorgia Meloni, le « retour » du fascisme n’a jamais semblé aussi proche en Italie. Comment en est-on arrivé là ?

 
Le 27 octobre 1922 commençait la Marche sur Rome, aboutissement de deux ans de violence fasciste contre ses adversaires politiques et de pénétration progressive dans les rouages de l’État. Elle allait consacrer l’arrivée au pouvoir de Benito Mussolini. Durant les vingt ans qui vont suivre, elle sera célébrée tous les 28 octobre, jour où officiellement la marche a eu lieu, en en faisant l’événement de « fondation » du nouveau régime, élément clé de la « révolution nationale » que Mussolini disait avoir engagée dès la fondation des faisceaux de combats en mars 1919.
 
Cent ans plus tard, le « retour » du fascisme n’a jamais semblé aussi proche en Italie. Ignazio La Russa, membre historique du Mouvement social italien, l’un des fondateurs en 2012 de Fratelli d’Italia, est aujourd’hui président du Sénat, grâce à 17 voix provenant des rangs de l’opposition parmi lesquelles sans doute celle de l’ancien président du conseil Matteo Renzi
[1]. Fier collectionneur de bustes de Mussolini, La Russa déclarait encore début septembre 2022 : « Nous sommes tous les héritiers du Duce. » Lorenzo Fontana, « nouveau porte-drapeau du fondamentalisme chrétien », homophobe et raciste, soutien d’Aube dorée, est quant à lui président de la Chambre des députés.
 
La formation du gouvernement de Giorgia Meloni, la première femme appelée à ce poste comme le souligne à l’envi la presse nationale et internationale, ne cesse d’ailleurs de confirmer les pronostics les plus sombres. Les noms des ministères tout d’abord frappent l’attention des observateurs avertis : Développement économique et made in Italy ; Instruction et mérite ; Famille, natalité et parité des chances ; Agriculture et souveraineté alimentaire. Dans la palette de celles et ceux choisis pour composer le nouvel exécutif, notons la présence de Francesco Lollobrigida, beau-frère de Giorgia Meloni, qui inaugurait en 2012 un mausolée à Rodolfo Graziani, le « boucher du Fezzan », général de la République de Salò.
 
L’idée de l’Italie que le nouvel exécutif entend promouvoir, un gouvernement présenté par Meloni comme « pleinement représentatif de la volonté populaire », a clairement été exprimé le 26 octobre, lors du discours d’investiture du président du Conseil (Meloni a choisi d’utiliser le titre au masculin). Le passage obligé sur son rapport au fascisme, (« Je n’ai jamais éprouvé de sympathie ou proximité pour les régimes antidémocratiques, pour aucun de ces régimes, y compris le fascisme ») – oubliant au passage ses déclarations passées en la matière, son refus de retirer la flamme tricolore du logo de son parti et plus généralement le sens même de sa militance dans les rangs néofascistes qu’elle revendique encore fièrement aujourd’hui – et sur les lois raciales de 1938 définies comme « le point le plus bas de l’histoire de l’Italie », a fait la paire avec un discours identitaire se rattachant ouvertement à l’histoire des néofascistes d’après-guerre (« Je viens d’une histoire reléguée aux marges de la République ») et s’en prenant à l’antifascisme, au nom duquel des « jeunes innocents étaient tués à coup de clé anglaise ». Un discours aux relents fémonationalistes qui en appelle aux « valeurs » de la « civilisation occidentale » et aux racines judéo-chrétiennes comme fondement de sa politique identitaire.
 
Le postfascisme, compris dans le sens de la continuité du fascisme dans sa transformation, est aujourd’hui au pouvoir en Italie… comme si de rien n’était. Anomalie ? Sans doute, au regard des millions de pages que l’historiographie italienne a consacrées au fascisme et aux débats que cette production pléthorique a provoqués. Et pourtant… comme l’écrit Francesco Filippi dans un petit livre efficace, intitulé Mais pourquoi sommes-nous encore fasciste ?, « les “rumeurs” sur le fascisme et son histoire perdurent » non seulement dans la frange très minoritaire de ceux qui continuent à commémorer le bras levé le 28 octobre, mais plus généralement dans la société italienne dans son ensemble
[2]. Giorgia Meloni a fait référence dans son discours d’investiture à la « pacification nationale que la droite démocratique a toujours désiré » : « La communauté politique dont je suis issue, a-t-elle poursuivi, a toujours pris des mesures en vue d’une historicisation complète et consciente du XXe siècle. » Il est peut-être temps de se pencher alors sur la manière dont la société italienne a traité de son passé afin de saisir l’apparente anomalie d’une victoire du postfascisme et de sa narration.
 

Un passé qui ne veut pas passer

Le 30 décembre 2017, alors que la campagne électorale pour les élections nationales de mars 2018 bat son plein, le quotidien Il Tempo publie en Une la photo de Benito Mussolini et titre : « C’est l’éternel Mussolini, l’homme de l’année ». L’article est signé Marcello Veneziani, plume acérée de la droite italienne et auteur d’un petit livre sur la culture de la droite, réédité récemment [3] : « Certes, écrit-il, il était difficile de trouver dans l’année 2017 qui se termine, le personnage italien de l’année. […] [Sergio] Mattarella est seulement le nom que nous avons donné à une chaise vide, c’est l’espace réservé d’un fauteuil vide. […] Nous attendons maintenant le message de fin d’année de Mussolini […]. Un duce mort depuis plus de soixante-dix ans déborde plus de vitalité que le président en charge. » [4] Marcello Veneziani y présente Benito Mussolini comme l’élément unificateur du pays face à l’antifascisme proclamé d’une classe politique italienne « sans foi ni loi ».
 
Quelques semaines auparavant, Maurizio Sguanci, élu dans les rangs du Parti démocrate de Florence, affirmait dans un post sur Facebook : « Personne en Italie n’a fait en 20 ans plus que Mussolini. » On pourrait multiplier les exemples ; comme celui de Pier Luigi Biondi, membre de Forza Italia et maire de la ville de l’Aquila, celle-là même qui a été dévastée par un tremblement de terre en 2009, chattant dans un groupe Facebook aux couleurs du drapeau de la République de Salò ; ou celui du Conseiller municipal de Gênes, Sergio Antonino Gambino, qui, fin avril 2018, commémore les morts de la République de Salò avec le soutien passif de Marco Bucci, maire de la ville depuis juin 2017 ; ou celui du conseil municipal de la ville de Todi, où siège un membre de Casapound, un mouvement se définissant comme le fascisme du troisième millénaire, qui décide de ne pas soutenir les célébrations du 25 avril (jour de l’insurrection de Milan en 1945 et depuis date anniversaire de la libération de l’Italie), prétextant qu’elles seraient « trop politiques » ; ou celui des deux écoles qui ont fusionné à Noicattoro (Bari) en accolant leurs deux noms, donnant naissance à l’établissement scolaire A. Gramsci-N. Pende ; une décision « insensée » qui accoste le nom du militant communiste emprisonné par Mussolini et symbole de la lutte antifasciste qu’est Antonio Gramsci et celui de Nicola Pende loué par le régime fasciste, médecin eugéniste, fasciste de la première heure et théoricien de « la race »
[5][6]. Une tendance à long terme pour la droite, en baisse néanmoins si l’on considère que, selon deux sondages de 1996 et 2001, les jugements positifs sur le régime auraient été partagés par 48 % des sondés de droite [7]. Mais, peut-être plus intéressant encore, était le taux, en augmentation, de ceux qui ne savaient pas, ne répondaient pas à la question ou ne connaissaient pas Mussolini : proportionnellement plus élevé pour les sondés de Forza Italia (30 %) ou de la Lega (27 %) que pour ceux de Fratelli d’Italia (15%) ou du M5S (11 %). Bien sûr, on pourrait faire valoir que plus de 70 ans ont passé, qu’il ne subsiste plus de témoins ou presque, ou que le saut générationnel a accentué ce que l’historien Alberto de Bernardi avait appelé en son temps la « fragilité de l’enracinement social » de l’antifascisme et sa « difficulté grandissante » à constituer et à alimenter une « mémoire partagée » du passé, après la fin de la guerre froide [8].
 
Mais l’indifférence face à l’histoire du fascisme, précisément dans le pays qui l’a vu naître, n’est-elle pas plutôt le signe le plus palpable de ce que l’historien Angelo d’Orsi a appelé « l’ignorance », lui attribuant deux « significations différentes » : « Une signification “faible”, élémentaire : ne pas avoir de connaissance sur le passé ; une ignorance basique par rapport aux faits du passé proche ou lointain. Et une signification “forte”, c’est-à-dire savoir et ne pas en tenir compte […]. »
[9] ?
 
Il se référait alors à la décision du Conseil municipal de la ville de Rome qui, sur proposition du regroupement Fratelli d’Italia le 14 juin 2018, avait choisi de dédier une rue de la capitale à Giorgio Almirante; un fasciste enthousiaste, rédacteur dans les années 1930 de la revue antisémite La Difesa della razza, passé, dès 1943, dans les rangs de la République de Salò, et fondateur après-guerre du Mouvement social italien (MSI). La décision avait été annoncée triomphalement par le groupe Fratelli d’Italia : « Victoire historique de la droite italienne et romaine » exultait entre autres Rachele Mussolini, petite fille de Benito ; d’autant plus historique que même la mairie de Gianni Alemanno (membre de Alleanza nazionale) n’avait pu atteindre cet objectif au début des années 2000. Le vote du 14 juin a finalement été bloqué par la maire du M5S Virginia Raggi, non sans l’avoir soutenue publiquement dans un premier temps
[10] : « Les leçons du dernier vaudeville du M5S, écrivait à ce propos Angelo d’Orsi, peuvent être résumées ainsi : l’ignorance de l’histoire génère des monstres [11]. »
 
LE SOUVENIR S’ESTOMPE, LES FAUSSAIRES REPEIGNENT L’HISTOIRE [12]
 
Cette « ignorance », au sens fort, teintée d’indifférence est l’indication du poids pris par la grammaire politique des droites italiennes au cours de ces trente dernières années [13]. Comment ne pas prendre la mesure de la victoire, le temps d’une génération, de la grande révision culturelle menée par la « droite plurielle » ? Dès son arrivée au pouvoir, au début des années 1990, elle place en effet en bonne position de son agenda la destruction systématique de l’antifascisme comme référent politique et culturel. Un « groupe bigarré de politiciens arrogants et d’intellectuels qui ont renoncé à leur devoir », comme l’écrivait l’historien Gabriele Turi, ont imposé leur lecture de l’histoire de l’Italie contemporaine ; une lecture qui voit dans un « communisme camouflé d’antifascisme » le seul vrai danger qui aurait menacé, et pour certains pourrait menacer encore la société italienne ; qui a fait de l’anticommunisme et de son « corollaire » l’anti-antifascisme, son « paradigme historique ». Une opération facilitée par l’éloignement des faits, qui a inévitablement produit la révision des canons avec lesquels ils avaient été analysés jusque-là ; par la mort de ses acteurs les plus importants, dont certains en ont été les historiens ; par l’arrivée sur la scène politique d’une génération dont les parents n’avaient pas vécu le fascisme [14].
 
Cette relecture du passé n’est cependant pas simple révision, « moment indispensable de la recherche historique », mais révisionnisme
[15]. Car elle se fonde sur une orientation « historico-morale » visant le plus souvent à condamner les interprétations précédentes en fonction d’une « bataille politique » [16][17]. Mais, en Italie, le révisionnisme se potentialise par la décomposition du champ politique issu de l’après-guerre ; par la disparition de cette « République née de la résistance », rendant encore plus palpable l’indistinction dans laquelle vont être plongées les valeurs et utopies attachées à l’expérience des luttes antifascistes.
 
Renzo De Felice est incontestablement la figure de proue de l’historiographie révisionniste italienne, à l’instar d’Ernst Nolte en Allemagne. Ce révisionnisme repose sur l’idée que « l’histoire du fascisme a été en quelque sorte prise en otage par la culture de la gauche italienne, hégémonisée par le PC ». Il se donne pour mission de délégitimer la production historiographique des historiens ayant une formation ou des sympathies communistes et de « condamner » ce qu’il nomme le « fétiche de l’antifascisme »
[18]. Dans la préface du quatrième volume de la biographie de Mussolini, De Felice critique sévèrement cette « historiographie essentiellement idéologique (et souvent ouvertement et agressivement politique) [19] », tout en mettant l’accent sur les défauts des partis antifascistes, qu’il considère comme une simple réédition du Parti national fasciste : minoritaires au sein de la société italienne, ils se seraient imposés au pays malgré leur absence de base populaire.
 
L’interprétation révisionniste s’attaque à la Résistance, critiquant en particulier le soutien apporté par les antifascistes non communistes au Parti communiste, qui aurait donné à ce dernier les lettres de noblesse démocratiques dont il avait besoin. Ainsi l’historien Renzo de Felice, dans le livre interview Rosso e Nero, véritable « manifeste programmatique du révisionnisme italien », écrivait-il : « Ni les fascistes, ni les antifascistes, ni les communistes, ni les anticommunistes ne sont légitimes pour expliquer aux gens ce qui s’est passé et combien c’est important pour l’histoire de l’Italie aujourd’hui. Et du reste les gens n’ont plus confiance en eux, ils les considèrent comme des vendeurs de mythes auxquels ils ne croient plus et auxquels ils attribuent pour bonne part la situation dans laquelle se trouve l’Italie aujourd’hui
[20]. » Au nom d’une histoire « désidéologisée », « dépassionnée », « sereine » et surtout « désintéressée », la lecture révisionniste du passé et en particulier du fascisme, de l’antifascisme et de la Résistance s’est installée comme une évidence longtemps ignorée.
 
Cette relecture a eu d’autant moins de peine à s’imposer qu’elle s’inscrivait dans une longue tradition qui, depuis les écrits autobiographiques des hiérarques fascistes parus au sortir de la seconde guerre mondiale, tendait à dépeindre le fascisme sous des traits rassurants : un régime « hors du cône d’ombre de la Shoah », au mieux un « moindre mal », au pire en rien comparable au national-socialisme allemand
[21]; qui avait commis l’« erreur irréparable » de s’allier à Hitler et d’entrer en guerre, mais dont le « peuple honnête et travailleur, physiologiquement et inconsciemment fasciste parce que c’était normal que ce soit ainsi », était somme toute composé de « braves gens » (Italiani brava gente) [22]. Une opinion commune diffuse dans la petite et moyenne bourgeoisie, bien rendue par la figure de Gennaro Jovine, personnage de la pièce de théâtre du napolitain Eduardo de Filippo, qui n’aspire qu’à vivre tranquille et qui attend que la « nuit passe » (« adda passà ‘a nuttata ») [23].
 
En ce sens, les moyens de communication (presse grand public comme Gente et Oggi) et surtout la télévision, extraordinaire véhicule « d’identité » et « de mémoire », ont joué un rôle cardinal dans le processus d’autoabsolution collective. Répercutant la « vulgate réhabilitatrice » du « brave homme » (buon uomo) Mussolini, la télévision italienne est devenue le vecteur d’une « mémoire indulgente » du régime, offrant la vision rassurante d’un fascisme présenté comme « nécessaire » à la « rédemption de l’identité nationale » et à la subséquente lutte contre le « communisme »
[24]. Cette « idéologie italienne » s’est répandue avec d’autant moins de peine qu’elle avait été intégrée, pour partie, par les gouvernements démocrates-chrétiens et reçue avec complaisance hors des frontières de la Péninsule comme on peut encore en voir la trace aujourd’hui [25].
 
Cette tendance autoabsolutrice des médias italiens s’est néanmoins accentuée au cours des années 1980, alors que commence à se diffuser l’image d’un fascisme « au visage humain » et d’un antifascisme « aveugle » aux autres ennemis de la démocratie, ne pouvant en aucun cas incarner ce qui devait être une « authentique démocratie républicaine »
[26]. En 1987, le biographe de Mussolini, Renzo de Felice, insistera dans deux interviews menées par Giuliano Ferrara, bientôt fidèle appui de Silvio Berlusconi, sur la nécessité du révisionnisme historiographique dans une période d’ « innovation politique », en appelant à poser les bases de la deuxième République italienne [27]. Le bagage culturel et politique et les traditions de lutte du mouvement ouvrier italien sont alors considérés comme des freins à ces projets de transformations « innovants ». Le socialiste Bettino Craxi, président du Conseil au milieu des années 1980, est le « protagoniste de ce nouvel “air du temps” », auquel fait clairement référence De Felice [28]. Comme le souligne à juste titre l’historien Giovanni de Luna : « Il s’agissait d’expurger […] toutes ces valeurs qui avaient pour référence les identités fortes du 20e siècle pour modeler la nouvelle Italie sur cette féroce envie de vivre et sur l’instinct de survie qui a toujours marqué le conformisme, les pulsions autoritaires, les dérives majoritaires des classes moyennes [29]. » La délégitimation de l’antifascisme va également servir à saper les bases de la Constitution, issue de la Résistance, dans la perspective déclarée de fonder une nouvelle république, présidentialiste, débarrassée des utopies de l’après-guerre [30].
 
Les médias italiens ont non seulement accompagné cette transformation, mais l’ont en quelque sorte dirigée, répondant à l’appel de la nouveauté contre ce qui apparaissait comme une forme de conservatisme d’autant plus incompréhensible que le fascisme avait disparu. Lorsqu’en 1995, Gianfranco Fini modernise le MSI pour en faire une formation politique plus présentable, il ne se lasse pas de répéter cette idée – le programme du nouveau mouvement s’intitule d’ailleurs « Pensons l’Italie, l’avenir est aujourd’hui » [Pensiamo l’Italia, il domani c’è già]. Fini a appelé à une « réconciliation nationale » qui irait au-delà du fascisme et de l’antifascisme. Le biais implicite de cette position, comme l’avait déjà souligné Norberto Bobbio, est qu’elle mettait de facto le fascisme et l’antifascisme sur un pied d’égalité – un effacement des différences qui prend la forme d’une « réconciliation rétroactive »…

 

Une mare indistincte

Renzo de Felice meurt en 1996. Entretemps, le révisionnisme atteint son « stade suprême », se muant en inversisme (inversion radicale des valeurs) [31][32]. Ni meilleurs ni pires que les autres, fascistes et antifascistes, résistants et combattants de la République de Salò sont représentés dans cette historiographie comme tous également coupables et donc comme tous également innocents ; un topos repris par Giorgia Meloni dans son discours d’investiture. L’objectif que De Felice a fixé à l’historiographie italienne dans son dernier livre n’était-il pas d’établir « un cadre général qui place la Résistance et la République de Salò dans une histoire unifiée de l’Italie », évitant ainsi les implications de l’engagement spécifique dans l’un des camps opposés en termes d’imaginaire sociopolitique, d’éthique, de vision du monde et d’objectifs ?
 
À cette offensive historiographique s’ajoutent les répertoires d’action politique mobilisés par la droite pour effacer de la mémoire et de l’histoire « les méfaits et l’infamie du fascisme
[33] ». Bien sûr, on se souvient des déclarations de Silvio Berlusconi qui, tout en insistant sur le fait que Mussolini était un « grand homme d’État » qui n’avait jamais tué personne et envoyait les antifascistes en vacances, dénonçait la « guerre civile permanente » menée par les communistes dans la péninsule ; expression reprise le 26 octobre par Giorgia Meloni [34]. Plus importantes, les attaques aux programmes scolaires. En 2000, le gouvernement régional du Latium, dirigé par Francesco Storace (Alleanza nazionale), désigne une commission d’experts pour censurer les manuels scolaires « factieux [35] ».
 
En 2002, c’est sur le plan national qu’un même agenda politique cible « la vision idéologique qui a souvent altéré des faits historiques irréfutables à des fins politiques », au nom d’une lecture « non idéologique » de l’histoire
[36]. La même année, l’écrivain et homme politique de Forza italia, Gianni Baget Bozzo annonce son intention d’abolir la fête du 25 avril comme fête nationale, alors qu’au sein du Conseil régional de Ligurie Alleanza nazionale propose, sous couvert de rationalisation, d’annuler les financements publics aux Instituts d’histoire de la Résistance dispersés au nord de la Péninsule, afin de créer un seul Institut régional d’histoire contemporaine.
 
« Sur le plan plus proprement historiographique, réagit alors l’historien Antonio Gibelli, la discussion est ouverte et continuera. Mais miner les instituts d’histoire de la Résistance signifie, encore une fois, chercher à effacer ou à confondre la mémoire du passé : cette mémoire qui […] n’est pas garantie par les historiens qui eux doivent continuer à travailler et à débattre librement, mais par la Constitution. Cela répond à la même tentation […] des héritiers du Mouvement social italien et des censeurs de la majorité gouvernementale, de faire table rase de la césure nette qui a été consacrée par le 25 avril : d’un côté, l’idée d’une société plus libre et plus juste, de l’autre les raisons de l’asservissement et des hiérarchies raciales. C’est précisément grâce à cette césure nette que nous pouvons encore discuter
[37]. »
 
En 2008, Marcello dell’Utri annonçait dans un spot Youtube tonitruant que « les livres d’histoire sont encore aujourd’hui trop conditionnés à la rhétorique de la Résistance, ils seront révisés, si nous devions remporter les élections. C’est un thèse dont nous nous occuperons avec une attention particulière
[38]. » Une année plus tard, le même affirmait : « Mussolini, homme extraordinaire et de grande culture, a perdu la guerre parce qu’il était trop bon : Il n’était pas du tout un dictateur comme Staline [39]. »
 
En avril 2011, la ministre de l’Instruction publique, Mariastella Gelmini, annonce dans le quotidien La Stampa la mise au rencart de l’école « laxiste tout droit issue des années 1968 ». Au cours du même mois, Silvio Berlusconi, alors encore président du Conseil, attaque les enseignants et l’école publique : « Silvio Berlusconi, dans un message envoyé à la réunion de l’Association nationale des mères, a souligné que les parents peuvent aujourd’hui choisir librement “l’éducation qu’ils veulent donner à leurs enfants, écrit le quotidien Il Secolo XIX, et les soustraire à ces enseignants de gauche qui, dans les écoles publiques, inculquent aux élèves des valeurs différentes de ceux des familles”[…]. » Le journal faisait ensuite référence à la « croisade » contre les « livres communistes » menée par le gouvernement, en partant d’une proposition de loi de la députée berlusconienne Gabriella Carlucci demandant la mise en place d’une Commission parlementaire d’enquête sur « l’impartialité des manuels scolaires
[40] ». À peine un mois auparavant, cinq sénateurs de droite avaient proposé, au nom de la « liberté d’opinion », d’abroger la XIIe disposition de la Constitution italienne, interdisant la reconstitution, sous quelque forme que ce soit, du parti fasciste.
 
Cet inversisme n’aurait pas pu imposer sa marque dans l’opinion commune diffuse sur le ventennio s’il n’avait fait aussi des émules à gauche. Celle-ci s’est ainsi montrée perméable à une relecture du passé, en particulier de la période de la Résistance et de l’antifascisme, en appelant à créer une « mémoire partagée », au fondement de la légitimité de l’alternance gouvernementale des deux pôles politiques qui se disputent le pouvoir entre 1994 et 2018.
 
Moment phare de ce ralliement, le discours de Luciano Violante le 10 mai 1996 à la Chambre des Députés. Élu de gauche après la victoire électorale du rassemblement dit de L’Olivier [Ulivo] mené par l’ancien démocrate-chrétien Romano Prodi, il devenait alors Président de la Chambre : « Le Parlement est le gardien de la mémoire et de l’histoire des nations. Notre mémoire et notre histoire sont le fait d’un processus fatigant et continuel de conquête d’indépendance et d’unité […]. Je me demande, chers collègues, je me demande humblement comment cette partie de l’Italie qui […] veut préserver et potentialiser dans ses aspects universels les valeurs liées à la lutte contre la tyrannie et à l’émancipation des peuples, non comme une propriété exclusive de sa culture civique ou politique, je me demande qu’est-ce que cette Italie doit faire afin que la lutte de libération du nazi-fascisme devienne vraiment une valeur nationale et générale. Je me demande si l’Italie d’aujourd’hui — et donc nous tous — ne devrait pas commencer à réfléchir sur les vaincus d’hier ; non parce qu’ils auraient eu raison, ou parce qu’il faudrait épouser par convenance pour des raisons peu lisibles, une espèce d’inacceptable pacification entre les parties en présence, mais parce qu’il faut s’efforcer de comprendre, sans révisionnisme falsificateur, les raisons pour lesquelles des milliers de jeunes hommes et surtout de jeunes femmes, alors que tout était perdu ont décidé de se rallier à la République de Salò et non de se ranger du côté des droits et de la liberté (Applaudissements). Cet effort, après un demi-siècle, nous aiderait à saisir la complexité de notre pays, à construire la libération comme une valeur de tous les Italiens, à déterminer les frontières d’un système politique dans lequel on se reconnaît du simple fait, mais néanmoins fondamental, d’y vivre, de se battre pour son futur, de l’aimer, de le vouloir prospère et serein
[41]. »
 
Un discours ambigu, liant compréhension pour les « enfants de Salò » et nécessité de fonder une narration « nationale » de l’histoire de la Résistance italienne, mais un discours en phase avec la mue du Parti communiste en Partito democratico della sinistra (PDS – Parti démocrate de la Gauche) lors de son 20e Congrès en 1991
[42]. Le PCI devenu PDS se détache alors résolument de cette idée bien simple, rappelée par l’intellectuelle marxiste Rossana Rossanda, d’une « gauche pensée en termes d’égalité » et d’émancipation, pour rejoindre le parti de gouvernement social-démocrate, puis démocrate tout court rêvé alors par son secrétaire Achille Occhetto [43] : « Nous sommes désormais autre chose, écrira ce dernier en 1991, et dorénavant nous ne répondrons que des mérites et des erreurs du PDS. J’espère qu’aujourd’hui c’est clair pour tout le monde que le choix emblématique du mur de Berlin n’a pas été le fait d’une improvisation, mais la grande métaphore de la fin d’une époque à l’Est, mais aussi à l’Ouest […]. Sans une vision claire du moment historique, ce tournant aurait été impossible. Avec cette efficace compréhension de la nouvelle époque qui s’ouvrait devant nous, nous avons conquis sur le terrain, le droit de dire, maintenant ça suffit. Allons de l’avant [44]. »
 
Quelques mois avant le discours de Luciano Violante, Francesco Rutelli, maire de « gauche » de la ville de Rome décide d’apporter sa pierre à l’édifice de la « réconciliation nationale » en voulant intituler une rue Giuseppe Bottai (ministre fasciste de l’Éducation qui avait mené la persécution des juifs dans les écoles et les universités dès août 1938).
 
Bertrand Méheust décrivait notre époque comme une « apocalypse douce », dans laquelle l’invocation incantatoire du passé, et notamment de la « violence meurtrière » du nazisme et du fascisme, « dispens[ait] notre société de l’examen de conscience radical auquel elle serait bien inspirée de procéder au plus vite »
[45]. Rappelant l’ouvrage désormais classique de Jean-Marie Domenach, Méheust défendait la nostalgie d’une époque où la solidarité, la résistance, la lutte et surtout l’espoir étaient l’expérience et l’horizon d’attente de tous ceux qui luttaient pour un monde radicalement différent [46]. Or, la « mer d’espoir » que représentait la guerre de résistance s’est progressivement – mais non moins brutalement pour autant – muée en une mare indistincte. Aujourd’hui, le révisionnisme semble avoir remporté la partie, si ce n’est dans l’historiographie du moins dans l’opinion commune diffuse. Peut-être alors, pour résister à l’irrésistible, faut-il remettre le travail sur l’établi et (re)commencer « par le milieu ».
 


VOETNOTEN
 
[1] Carlo Canepa, Davide Leo, Laura Loguercio, « Video alla mano, quali senatori dell’opposizione hanno votato La Russa », pagella politica, 13 octobre 2022.
[2] Francesco Filippi, Ma perché siamo ancora fascisti ? Un conto aperto, Turin, Bollati Boringhieri.
[3] Marcello Veneziani, La cultura della destra, Bari, Laterza, 2015.
[4] Marcello Veneziani, « È l’eterno Mussolini l’uomo dell’anno », Il Tempo, 30 décembre 2017.
[5] Melissa di Sano, « Il sindaco dell’Aquila Biondi nella chat che inneggia a Salò », Il Fatto Quotidiano, 8 mai 2018 ; Matteo Pucciarelli, « Il Comune celebra i caduti di Salò », la Repubblica, 30 avril 2018 ; Guido Crainz, « Una domanda alla sinistra sul 25 aprile », la Repubblica, 22 avril 2018 ; Antonio Brusa, « A. Gramsci-N. Pende. Una strana coppia nell’anniversario delle leggi razziali », Historia Ludens, 20 août 2018.
[6] Demos & Pi, 72° Atlante politico. Indagine Demos & Pi per la Repubblica, février 2018.
[7] Gabriele Turi, La cultura delle destre, p. 61.
[8] Alberto de Bernardi, Una dittatura moderna. Il fascismo come problema storico, Milan, Bruno Mondadori, 2001, p. 1.
[9] Angelo D’Orsi, « Via Almirante, l’ignoranza della storia genera mostri », Il Manifesto, 16 juin 2018.
[10] Rory Cappelli, « Campidoglio, passa la mozione per intitolare una strada ad Almirante », R.it roma, 14 juin 2018.
[11] Angelo D’Orsi, « Via Almirante », art. cit.
[12] Philippe Videlier, « À peine masqués s’avancent les falsificateurs du passé », Le Monde diplomatique, janvier 1994.
[13] Stéfanie Prezioso, « Did Revisionism Win ? Italy between loss of historical consciousness and nostalgia for the past », in Hugo García, Mercedes Yusta, Xavier Tabet, and Cristina Climaco (ed.), Rethinking Antifascism. History, Memory and Politics, 1922 to the Present, New York, Berghahn Book, 2016, p. 241-257.
[14] Sergio Luzzatto, La crisi dell’antifascismo, Turin, Einaudi, 2004, p. 11 ; Stefanie Prezioso, « Antifascism and Anti-totalitarianism : The Italian Debate », Journal of Contemporary History, N° 4, 2008, p. 555-572.
[15] Angelo d’Orsi, « Dal revisionismo al rovescismo », in Angelo del Boca (dir.), La storia negata. Il revisionismo e il suo uso politico, Vicenza, Neri Pozza, 2010 (2009), p. 349.
[16] Claudio Pavone, « Per la storia del revisionismo », in Atti del convegno “Mappe del 900”, I Viaggi di Erodoto, Rivista di cultura storica, N° 46, 2002.
[17] Gabriele Turi, « La storia sono io », Passato e Presente, N° 52, janvier-avril 2001, p. 83.
[18] Charles S. Maier, « Lettre ouverte à Ernst Nolte », Le Débat, N° 122, 2002, p. 154-164.
[19] Renzo de Felice, Mussolini l’alleato, vol. 1, 1940-1943, Turin, Einaudi, 2008 [1990].
[20] Giovanni De Luna, « Revisionismo e Resistenza», in Angelo del Boca (dir.), La storia negata, p. 311-312.
[21] Ruth Ben-Ghiat, « A lesser Evil? Italian Fascism in/and the Totalitarian Equation», in Helmut Dubiel, Gabriel Motzkin (eds.) 2004, The Lesser Evil: Moral Approaches to Genocide Practices in a Comparative Perspective, Londres, Frank Cass, p. 137.
[22] Gianpasquale Santomassimo, « Gli anni Trenta della borghesia », Passato e Presente, N° 1, 1982, p. 150 ; Robert Ventresca, « Debating the Meaning of Fascism in Contemporary Italy », Modern Italy, N° 11(2), 2006, p. 189–209 ; Filippo Focardi, Il cattivo tedesco e il bravo italiano. La rimozione delle colpe della Seconda Guerra mondiale, Bari, Laterza, 2013.
[23] Giovanni de Luna, « La Repubblica italiana nata dalla guerra », Passato e Presente, N°81, 2010, p. 25 ; Eduardo de Filippo, « Napoli milionaria » (1945), in Id., Cantata dei giorni dispari, Turin, Einaudi, 1951.
[24] Mimmo Franzinelli, « Mussolini, revisionato e pronto per l’uso », in Angelo Del Boca (dir.), La storia negata, p. 205 ; Stéfanie Prezioso, Olivier Glassey, « Fabrique médiatique du regard et usages publics de l’histoire : Steven Spielberg, le débarquement et la guerre côté Alliés », in Marie-France Badie, Michèle-Caroline Heck, Monbrun Pilippe (éds.), La Fabrique du regard, Paris, Michel Houdiard, 2011.
[25] David Bidussa, Il mito del bravo italiano, Milan, Il Saggiatore, 1994 ; G. Santomassimo, « La trincea del totalitarismo », Il Manifesto, 3 octobre 2004.
[26] Renzo De Felice, « De Felice e il superamento dell’antifascismo », Corriere della sera, 8 janvier 1988.
[27] Renzo De Felice, « De Felice e il superamento dell’antifascismo », Corriere della sera, 27 décembre 1987 ; maintenant in Filippo Focardi, La guerra della memoria. La Resistenza nel dibattito politico italiano dal 1945 a oggi, Bari, Laterza 2005, p. 252-254.
[28] Gianpasquale Santomassimo, « Origini e culture del berlusconismo. Eredità degli anni Ottanta », Italia contemporanea, N°260, septembre 2010, p. 385.
[29] Giovanni de Luna, « Revisionismo e Resistenza », art. cit., p. 317
[30] Stuart Woolf, « Fine della Patria ? », Passato e Presente, N° 68, mai-août 2006, p. 90 ss; voir aussi Guido Crainz, Carlo Fusaro, Aggiornare la Costituzione, Rome, Donzelli, 2016.
[31] Angelo D’Orsi, « Dal revisionismo al rovescismo », art. cit., p.353.
[32] Giampaolo Pansa, La grande bugia. Le sinistre italiane e il sangue dei vinti, Milan, Sperling & Kufer, 2006 ; Id., Il revisionista, Milan, Rizzoli, 2009; Id., I vinti non dimenticano. I crimini ignorati della nostra guerra civile, Milan, Rizzoli, 2010; Id., La guerra sporca dei partigiani e dei fascisti, Milan, Rizzoli, 2012.
[33] Eugenio Garin, Intervista sull’intellettuale, Bari, Laterza, 1997, p. 108, 121.
[34] The Washington Post, 27 mai 1994; The Spectator, 11 septembre 2003.
[35] Consiglio regionale del Lazio, « Gruppo Alleanza nazionale-Mozione 9 novembre 2000 », Educazione & Scuola.
[36]« Risoluzione 7-00163. Approvata dalla VII Commissione della Camera l’11 dicembre 2002 », Educazione & Scuola.
[37] Antonio Gibelli, « L’assalto del centro destra alla memoria storica », Il Secolo XIX, 22 décembre 2002.
[38] Cité in Angelo del Boca, «Introduzione », in Id. (dir.), La storia negata. Il revisionismo e il suo uso politico, Vicenza, Neri Pozza, 2010 (1er édition 2009), p. 18.
[39] Interview pour Repubblica, 5 mai 2009 cité par Mimmo Franzinelli, «Mussolini, revisionato e pronto per l’uso », Angelo del Boca (dir), La storia negata, p. 231-232.
[40] « Berlusconi attacca gli insegnanti », Il Secolo XIX, 16 avril 2011.
[41] « XIII Legislatura della Repubblica italiana. Seduta del 9 maggio, continuata nella giornata del 10 maggio », in storia.camera.it; cité également in G. Turi, La cultura delle destre, p. 22.
[42] Gianluca Fantoni, « After the Fall: Politics, the Public Use of History and the Historiography of the Italian Communist Party, 1991-2011 », Journal of Contemporary History, N°4, 2014, p. 815-836.
[43] Marco Berlinguer, « Qualcosa rinascerà ma sarà diverso. Intervista a Rossana Rossanda », 18 novembre 2012.
[44] Achille Occhetto, « Editoriale. Rispettate Berlinguer e misuratevi con questo PDS », L’Unità, 27 octobre 1991. Adele Sarno, « Stragi, il “papello” e tangentopoli. 1992, l’anno che cambiò l’Italia », La Repubblica, 18 octobre 2011.
[45] Bertrand Méheust, La nostalgie de l’occupation, Paris, La Découverte, 2012.
[46] Jean-Marie Domenach, Le retour du tragique, Paris, Seuil, 1967.


AUTEUR
Stéfanie Prezioso – Historienne, Professeure à l’Université de Lausanne


Bron: AOC26 oktober 2022


KORT NAWOORD

Het lijkt me hier de gepaste plek om nogmaals te wijzen op de miserabele activiteiten via Twitter van een salonfascist, die er prat op gaat inzicht te hebben over Italiaans fascisme en sinds kort zelfs over wat hij noemt het hedendaags fascisme. Hij dweept met de revisionist Ernst Nolte, centraal figuur bij de Duitse Historikerstreit.


Uitgelichte foto: bron

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