Festigaza, een vuurwerkspectakel

· geschiedenis, ideologie, militair, politiek
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Schermafdruk 2016-08-06 23.55.17
Palestina 1947

Een betere beschouwing over wat er plaatsvond (en vindt) in Gaza heb ik nergens anders aangetroffen, vandaar het verzoek om het onderstaand artikel op te nemen in dat forum. Zie: De raketten van Hamas. Het betoog is het herlezen meer dan waard. U kent ongetwijfeld de uitspraak over we wisten het niet…

De Israëlische leiders hebben slechts lood in hun hoofd, aldus de Israëlische schrijver Jonathan Geffen, en de prijs die ze er voor moeten betalen dreigt erg hoog te worden. Het onderstaande artikel verscheen in het Hebreeuws in het conservatieve blad Maariv, de Franse vertaling in de Courrier International.

Het artikel begint met dat hij (Geffen), terugkomend uit New York, zich afvroeg in welk land hij terugkwam. Nog niet op de hoogte van de uitgebroken oorlog. En dan verhaalt hij dat wij (Israëliërs) t.g.v. de Hanouka feesten een nieuw vuurwerkspectakel hebben gelanceerd speciaal tot genoegen van de kinderen in Gaza en tot meerdere eer en glorie van de Israëlische luchtmacht. Eens te meer, vervolgt hij, doen we, waar we klaarblijkelijk alleen maar goed in zijn, massacreren, als een soort genocide (pardon voor de uitdrukking zegt hij). En dan haalt hij Truman aan: “Omdat we die bom nu eenmaal hebben, moeten we ze ook gebruiken” (Hiroshima). Volgens een Israëlische commandant is in Gaza zelfs niet voldoende plaats voor kerkhoven. En laten we vooral oppassen dat geen beelden naar buiten komen. De kijkers zijn te gevoelig. En de linkse intellectuelen? Tja, sinds wanneer wordt in dit land naar een schrijver geluisterd?

“De retour de New York le 26 décembre, je ne savais pas quel Israël jʼallais retrouver. Sur la route de Lod à Tel-Aviv, alors que mes yeux fixaient le ciel, jʼavais bien remarqué des hélicoptères Apache qui sʼenvolaient pour le Sud. Malgré cela, je ne me rendais pas encore compte dans quel pays jʼétais revenu. Et, comme lors de chaque retour, jʼai à peine déposé ma valise que je me suis effondré dans mon lit. Lorsque je me suis réveillé le lendemain à 17 heures, jʼai entendu sur mon répondeur trois messages qui me demandaient de participer à une manifestation de protestation à Tel-Aviv et de signer une pétition contre la guerre. Quelle guerre ? Pourquoi ne mʼavait-on rien dit ? Lorsquʼon subit le décalage horaire, il y a quelque chose qui va bien au-delà de la simple fatigue, quelque chose de mystérieux qui vient inexorablement brouiller lʼespace et le temps. Mais jʼai été profondément heurté de me rendre compte que, pendant que je dormais, la guerre contre laquelle je suis censé me mobiliser venait précisément dʼéclater.

“Ainsi, à lʼoccasion des fêtes de Hanouka, nous avons inventé un nouveau spectacle pour le plus grand plaisir des enfants, spécialement pour ceux de Gaza : le Festigaza, un spectacle de pyrotechnie qui a lʼavantage de bénéficier du concours extraordinaire de lʼaviation israélienne, le tout diffusé vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et notre peuple tout entier sʼest à nouveau mis à communier dans la violence festive, en scandant des incantations telles que “Opération justifiée” et “Tsahal a lavé lʼaffront”. Mais de quelle justice et de quel honneur parle-t-on ? Certes, lʼEtat a le devoir de protéger ses citoyens. Mais cette guerre insensée nʼéliminera jamais le Hamas. Au contraire, elle rendra la population de Gaza davantage sensible aux extrémistes. Une fois de plus, nous faisons la seule chose que nous semblons savoir faire : un massacre de masse qui finit toujours par être perçu comme une sorte de génocide (pardonnez-moi lʼexpression), une opération de destruction et de dévastation qui nous amène, encore et toujours, plus de dévastation et de destruction. Dès lors que nos dirigeants nʼont ni programme politique ni plan militaire, et quʼils nʼont même pas la finesse dʼenvisager des incursions ponctuelles de commandos, ils préfèrent envoyer nos “hurleurs dʼacier” [les avions de chasse] rayer de la carte toute une ville sans se soucier ni des morts innocents, ni des mères prostrées dans les tunnels mitraillés, ni de leurs enfants qui ne savent plus trop de qui ils doivent avoir le plus peur – du Hamas ou de nos forces armées.

“Comme nous avions cette bombe, il fallait bien que nous lʼutilisions”, avait déclaré le président Truman après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima. Puisque nous ne manquons pas de munitions, nous utiliserons toute notre puissance de feu contre un adversaire qui ne nous arrive pas à la cheville. “A Gaza, il nʼy a plus assez de place pour les cimetières”, a expliqué un commentateur israélien. Mais comme il nous reste encore des tonnes de missiles et quʼil faut bien en faire quelque chose, bombardons les cimetières ! Et gardons-nous de diffuser la moindre image du massacre, vu que les spectateurs sont de grands sensibles. Et envoyons des médicaments aux Palestiniens avant de bombarder leurs stocks de médicaments. En attendant, ceux qui osent sʼexprimer contre le crime sont à nouveau considérés comme des traîtres. Je suis curieux de savoir si Amos Oz et A.B. Yehoshua [deux consciences de gauche qui soutiennent l’offensive israélienne] ont déjà publié un énième manifeste humaniste dans les pages du HaʼAretz ou sʼils sont seulement en train dʼy travailler. Cela dit, depuis quand un écrivain est-il écouté dans ce pays ?

A cet égard, quoi de plus troublant que de découvrir que le nom du pogrom que nous sommes en train de commettre est tiré dʼun poème de Bialik* [Plomb durci], le “poète des pogroms” ? Honte sur vous, militaires, si, après ma mort, vous décidiez de baptiser lʼune de vos opérations en vous inspirant dʼun de mes poèmes. En toute modestie, je viens de modifier mon testament pour que mes ayants droit (ma compagne, mes parents et mes enfants) puissent légalement intervenir contre quiconque aurait lʼidée saugrenue de baptiser la prochaine opération israélienne “Jardin fermé” ou “Violettes”. Cela dit – qui sait ? –, peut-être que dʼici là, vous aurez été cités à comparaître devant un tribunal international pour crimes de guerre et contre lʼhumanité.

* Lancée lors de la fête juive de Hanouka, lʼoffensive israélienne a été baptisée dʼaprès une comptine enfantine du poète Haïm Nahman Bialik (1873-1934), En lʼhonneur de Hanoukka, où il est question dʼune toupie en plomb durci. Bialik doit sa notoriété à son poème La Ville du massacre, composé après un pogrom qui avait entraîné la mort de quarante-neuf Juifs en 1903, en Russie.

Jonathan Geffen Maariv

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