Het joodse ras

A. Naor: Class held at a primary Mountain Jewish school in Quba (Azerbaijan), early 1920s


 
Nog is het niet zover, alhoewel er wel aan gewerkt wordt, enerzijds om op wetenschappelijke wijze eugenetisch aan te tonen dat het bestaat, anderzijds door de prenatale zorg waarmee geboortes in Israël begeleid worden met selectie als gevolg. Toch is het een taboe te spreken over ras, terwijl de veredeling van de diersoort mens in het nabije verschiet ligt.
 
En volk? Bestaat er een Maastrichts volk? Wanneer kunnen we spreken van een volk? Vormen de Palestijnen een volk? Joden, moslims? Hebben volkeren een universeel recht op land? Wie bepaalt hun grenzen?
 
Zo kunnen we nog even doorgaan… Vragen, steeds maar weer vragen.
 


 
 

Déconstruction d’une histoire mythique

COMMENT FUT INVENTÉ LE PEUPLE JUIF

Les Juifs forment-ils un peuple ? A cette question ancienne, un historien israélien apporte une réponse nouvelle. Contrairement à l’idée reçue, la diaspora ne naquit pas de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient. Voilà qui ébranle un des fondements de la pensée sioniste, celui qui voudrait que les Juifs soient les descendants du royaume de David et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars.
 

Victor Brauner — « Coupe du doute » (1946)
Museu de Arte, São Paulo, Brésil

Shlomo Sand

 
Tout IsraĂ©lien sait, sans l’ombre d’un doute, que le peuple juif existe depuis qu’il a reçu la Torah  1  dans le SinaĂŻ, et qu’il en est le descendant direct et exclusif. Chacun se persuade que ce peuple, sorti d’Egypte, s’est fixĂ© sur la « terre promise Â», oĂą fut Ă©difiĂ© le glorieux royaume de David et de Salomon, partagĂ© ensuite en royaumes de Juda et d’IsraĂ«l. De mĂŞme, nul n’ignore qu’il a connu l’exil Ă  deux reprises : après la destruction du premier temple, au VIe siècle avant J.-C., puis Ă  la suite de celle du second temple, en l’an 70 après J.C.

S’ensuivit pour lui une errance de près de deux mille ans : ses tribulations le menèrent au YĂ©men, au Maroc, en Espagne, en Allemagne, en Pologne et jusqu’au fin fond de la Russie, mais il parvint toujours Ă  prĂ©server les liens du sang entre ses communautĂ©s Ă©loignĂ©es. Ainsi, son unicitĂ© ne fut pas altĂ©rĂ©e. A la fin du XIXe siècle, les conditions mĂ»rirent pour son retour dans l’antique patrie. Sans le gĂ©nocide nazi, des millions de Juifs auraient naturellement repeuplĂ© Eretz IsraĂ«l (« la terre d’IsraĂ«l Â») puisqu’ils en rĂŞvaient depuis vingt siècles.

Vierge, la Palestine attendait que son peuple originel vienne la faire refleurir. Car elle lui appartenait, et non Ă  cette minoritĂ© arabe, dĂ©pourvue d’histoire, arrivĂ©e lĂ  par hasard. Justes Ă©taient donc les guerres menĂ©es par le peuple errant pour reprendre possession de sa terre ; et criminelle l’opposition violente de la population locale.

D’oĂą vient cette interprĂ©tation de l’histoire juive ? Elle est l’œuvre, depuis la seconde moitiĂ© du XIXe siècle, de talentueux reconstructeurs du passĂ©, dont l’imagination fertile a inventĂ©, sur la base de morceaux de mĂ©moire religieuse, juive et chrĂ©tienne, un enchaĂ®nement gĂ©nĂ©alogique continu pour le peuple juif. L’abondante historiographie du judaĂŻsme comporte, certes, une pluralitĂ© d’approches. Mais les polĂ©miques en son sein n’ont jamais remis en cause les conceptions essentialistes Ă©laborĂ©es principalement Ă  la fin du XIXe siècle et au dĂ©but du XXe.

Lorsque apparaissaient des dĂ©couvertes susceptibles de contredire l’image du passĂ© linĂ©aire, elles ne bĂ©nĂ©ficiaient quasiment d’aucun Ă©cho. L’impĂ©ratif national, telle une mâchoire solidement refermĂ©e, bloquait toute espèce de contradiction et de dĂ©viation par rapport au rĂ©cit dominant. Les instances spĂ©cifiques de production de la connaissance sur le passĂ© juif — les dĂ©partements exclusivement consacrĂ©s Ă  l’« histoire du peuple juif Â», sĂ©parĂ©s des dĂ©partements d’histoire (appelĂ©e en IsraĂ«l « histoire gĂ©nĂ©rale Â») — ont largement contribuĂ© Ă  cette curieuse hĂ©miplĂ©gie. MĂŞme le dĂ©bat, de caractère juridique, sur « qui est juif ? Â» n’a pas prĂ©occupĂ© ces historiens : pour eux, est juif tout descendant du peuple contraint Ă  l’exil il y a deux mille ans.

Ces chercheurs « autorisĂ©s Â» du passĂ© ne participèrent pas non plus Ă  la controverse des « nouveaux historiens Â», engagĂ©e Ă  la fin des annĂ©es 1980. La plupart des acteurs de ce dĂ©bat public, en nombre limitĂ©, venaient d’autres disciplines ou bien d’horizons extra-universitaires : sociologues, orientalistes, linguistes, gĂ©ographes, spĂ©cialistes en science politique, chercheurs en littĂ©rature, archĂ©ologues formulèrent des rĂ©flexions nouvelles sur le passĂ© juif et sioniste. On comptait Ă©galement dans leurs rangs des diplĂ´mĂ©s venus de l’étranger. Des « dĂ©partements d’histoire juive Â» ne parvinrent, en revanche, que des Ă©chos craintifs et conservateurs, enrobĂ©s d’une rhĂ©torique apologĂ©tique Ă  base d’idĂ©es reçues.
 

Le judaïsme, religion prosélyte

Bref, en soixante ans, l’histoire nationale a très peu mûri, et elle n’évoluera vraisemblablement pas à brève échéance. Pourtant, les faits mis au jour par les recherches posent à tout historien honnête des questions surprenantes au premier abord, mais néanmoins fondamentales.

La Bible peut-elle ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme un livre d’histoire ? Les premiers historiens juifs modernes, comme Isaak Markus Jost ou Leopold Zunz, dans la première moitiĂ© du XIXe siècle, ne la percevaient pas ainsi : Ă  leurs yeux, l’Ancien Testament se prĂ©sentait comme un livre de thĂ©ologie constitutif des communautĂ©s religieuses juives après la destruction du premier temple. Il a fallu attendre la seconde moitiĂ© du mĂŞme siècle pour trouver des historiens, en premier lieu Heinrich Graetz, porteurs d’une vision « nationale Â» de la Bible : ils ont transformĂ© le dĂ©part d’Abraham pour Canaan, la sortie d’Egypte ou encore le royaume unifiĂ© de David et Salomon en rĂ©cits d’un passĂ© authentiquement national. Les historiens sionistes n’ont cessĂ©, depuis, de rĂ©itĂ©rer ces « vĂ©ritĂ©s bibliques Â», devenues nourriture quotidienne de l’éducation nationale.

Mais voilĂ  qu’au cours des annĂ©es 1980 la terre tremble, Ă©branlant ces mythes fondateurs. Les dĂ©couvertes de la « nouvelle archĂ©ologie Â» contredisent la possibilitĂ© d’un grand exode au XIIIe siècle avant notre ère. De mĂŞme, MoĂŻse n’a pas pu faire sortir les HĂ©breux d’Egypte et les conduire vers la « terre promise Â» pour la bonne raison qu’à l’époque celle-ci… Ă©tait aux mains des Egyptiens. On ne trouve d’ailleurs aucune trace d’une rĂ©volte d’esclaves dans l’empire des pharaons, ni d’une conquĂŞte rapide du pays de Canaan par un Ă©lĂ©ment Ă©tranger.

Il n’existe pas non plus de signe ou de souvenir du somptueux royaume de David et de Salomon. Les dĂ©couvertes de la dĂ©cennie Ă©coulĂ©e montrent l’existence, Ă  l’époque, de deux petits royaumes : IsraĂ«l, le plus puissant, et Juda, la future JudĂ©e. Les habitants de cette dernière ne subirent pas non plus d’exil au VIe siècle avant notre ère : seules ses Ă©lites politiques et intellectuelles durent s’installer Ă  Babylone. De cette rencontre dĂ©cisive avec les cultes perses naĂ®tra le monothĂ©isme juif.

L’exil de l’an 70 de notre ère a-t-il, lui, effectivement eu lieu ? Paradoxalement, cet « Ă©vĂ©nement fondateur Â» dans l’histoire des Juifs, d’oĂą la diaspora tire son origine, n’a pas donnĂ© lieu au moindre ouvrage de recherche. Et pour une raison bien prosaĂŻque : les Romains n’ont jamais exilĂ© de peuple sur tout le flanc oriental de la MĂ©diterranĂ©e. A l’exception des prisonniers rĂ©duits en esclavage, les habitants de JudĂ©e continuèrent de vivre sur leurs terres, mĂŞme après la destruction du second temple.

Une partie d’entre eux se convertit au christianisme au IVe siècle, tandis que la grande majoritĂ© se rallia Ă  l’islam lors de la conquĂŞte arabe au VIIe siècle. La plupart des penseurs sionistes n’en ignoraient rien : ainsi, Yitzhak Ben Zvi, futur prĂ©sident de l’Etat d’IsraĂ«l, tout comme David Ben Gourion, fondateur de l’Etat, l’ont-ils Ă©crit jusqu’en 1929, annĂ©e de la grande rĂ©volte palestinienne. Tous deux mentionnent Ă  plusieurs reprises le fait que les paysans de Palestine sont les descendants des habitants de l’antique JudĂ©e  2 .

A dĂ©faut d’un exil depuis la Palestine romanisĂ©e, d’oĂą viennent les nombreux Juifs qui peuplent le pourtour de la MĂ©diterranĂ©e dès l’AntiquitĂ© ? Derrière le rideau de l’historiographie nationale se cache une Ă©tonnante rĂ©alitĂ© historique. De la rĂ©volte des MaccabĂ©es, au IIe siècle avant notre ère, Ă  la rĂ©volte de Bar-Kokhba, au IIe siècle après J.-C, le judaĂŻsme fut la première religion prosĂ©lyte. Les AsmonĂ©ens avaient dĂ©jĂ  converti de force les IdumĂ©ens du sud de la JudĂ©e et les IturĂ©ens de GalilĂ©e, annexĂ©s au « peuple d’IsraĂ«l Â». Partant de ce royaume judĂ©o-hellĂ©nique, le judaĂŻsme essaima dans tout le Proche-Orient et sur le pourtour mĂ©diterranĂ©en. Au premier siècle de notre ère apparut, dans l’actuel Kurdistan, le royaume juif d’Adiabène, qui ne sera pas le dernier royaume Ă  se « judaĂŻser Â» : d’autres en feront autant par la suite.

Les Ă©crits de Flavius Josèphe ne constituent pas le seul tĂ©moignage de l’ardeur prosĂ©lyte des Juifs. D’Horace Ă  SĂ©nèque, de JuvĂ©nal Ă  Tacite, bien des Ă©crivains latins en expriment la crainte. La Mishna et le Talmud 3  autorisent cette pratique de la conversion — mĂŞme si, face Ă  la pression montante du christianisme, les sages de la tradition talmudique exprimeront des rĂ©serves Ă  son sujet.

La victoire de la religion de JĂ©sus, au dĂ©but du IVe siècle, ne met pas fin Ă  l’expansion du judaĂŻsme, mais elle repousse le prosĂ©lytisme juif aux marges du monde culturel chrĂ©tien. Au Ve siècle apparaĂ®t ainsi, Ă  l’emplacement de l’actuel YĂ©men, un royaume juif vigoureux du nom de Himyar, dont les descendants conserveront leur foi après la victoire de l’islam et jusqu’aux temps modernes. De mĂŞme, les chroniqueurs arabes nous apprennent l’existence, au VIIe siècle, de tribus berbères judaĂŻsĂ©es : face Ă  la poussĂ©e arabe, qui atteint l’Afrique du Nord Ă  la fin de ce mĂŞme siècle, apparaĂ®t la figure lĂ©gendaire de la reine juive Dihya el-Kahina, qui tenta de l’enrayer. Des Berbères judaĂŻsĂ©s vont prendre part Ă  la conquĂŞte de la pĂ©ninsule IbĂ©rique, et y poser les fondements de la symbiose particulière entre juifs et musulmans, caractĂ©ristique de la culture hispano-arabe.

La conversion de masse la plus significative survient entre la mer Noire et la mer Caspienne : elle concerne l’immense royaume khazar, au VIIIe siècle. L’expansion du judaĂŻsme, du Caucase Ă  l’Ukraine actuelle, engendre de multiples communautĂ©s, que les invasions mongoles du XIIIe siècle refoulent en nombre vers l’est de l’Europe. LĂ , avec les Juifs venus des rĂ©gions slaves du Sud et des actuels territoires allemands, elles poseront les bases de la grande culture yiddish 4 .

Ces rĂ©cits des origines plurielles des Juifs figurent, de façon plus ou moins hĂ©sitante, dans l’historiographie sioniste jusque vers les annĂ©es 1960 ; ils sont ensuite progressivement marginalisĂ©s avant de disparaĂ®tre de la mĂ©moire publique en IsraĂ«l. Les conquĂ©rants de la citĂ© de David, en 1967, se devaient d’être les descendants directs de son royaume mythique et non — Ă  Dieu ne plaise ! — les hĂ©ritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars. Les Juifs font alors figure d’« ethnos Â» spĂ©cifique qui, après deux mille ans d’exil et d’errance, a fini par revenir Ă  JĂ©rusalem, sa capitale.

Les tenants de ce rĂ©cit linĂ©aire et indivisible ne mobilisent pas uniquement l’enseignement de l’histoire : ils convoquent Ă©galement la biologie. Depuis les annĂ©es 1970, en IsraĂ«l, une succession de recherches « scientifiques Â» s’efforce de dĂ©montrer, par tous les moyens, la proximitĂ© gĂ©nĂ©tique des Juifs du monde entier. La « recherche sur les origines des populations Â» reprĂ©sente dĂ©sormais un champ lĂ©gitimĂ© et populaire de la biologie molĂ©culaire, tandis que le chromosome Y mâle s’est offert une place d’honneur aux cĂ´tĂ©s d’une Clio juive 5  dans une quĂŞte effrĂ©nĂ©e de l’unicitĂ© d’origine du « peuple Ă©lu Â».

Cette conception historique constitue la base de la politique identitaire de l’Etat d’IsraĂ«l, et c’est bien lĂ  que le bât blesse ! Elle donne en effet lieu Ă  une dĂ©finition essentialiste et ethnocentriste du judaĂŻsme, alimentant une sĂ©grĂ©gation qui maintient Ă  l’écart les Juifs des non-Juifs — Arabes comme immigrants russes ou travailleurs immigrĂ©s.

IsraĂ«l, soixante ans après sa fondation, refuse de se concevoir comme une rĂ©publique existant pour ses citoyens. Près d’un quart d’entre eux ne sont pas considĂ©rĂ©s comme des Juifs et, selon l’esprit de ses lois, cet Etat n’est pas le leur. En revanche, IsraĂ«l se prĂ©sente toujours comme l’Etat des Juifs du monde entier, mĂŞme s’il ne s’agit plus de rĂ©fugiĂ©s persĂ©cutĂ©s, mais de citoyens de plein droit vivant en pleine Ă©galitĂ© dans les pays oĂą ils rĂ©sident. Autrement dit, une ethnocratie sans frontières justifie la sĂ©vère discrimination qu’elle pratique Ă  l’encontre d’une partie de ses citoyens en invoquant le mythe de la nation Ă©ternelle, reconstituĂ©e pour se rassembler sur la « terre de ses ancĂŞtres Â».

Ecrire une histoire juive nouvelle, par-delĂ  le prisme sioniste, n’est donc pas chose aisĂ©e. La lumière qui s’y brise se transforme en couleurs ethnocentristes appuyĂ©es. Or les Juifs ont toujours formĂ© des communautĂ©s religieuses constituĂ©es, le plus souvent par conversion, dans diverses rĂ©gions du monde : elles ne reprĂ©sentent donc pas un « ethnos Â» porteur d’une mĂŞme origine unique et qui se serait dĂ©placĂ© au fil d’une errance de vingt siècles.

Le développement de toute historiographie comme, plus généralement, le processus de la modernité passent un temps, on le sait, par l’invention de la nation. Celle-ci occupa des millions d’êtres humains au XIXe siècle et durant une partie du XXe. La fin de ce dernier a vu ces rêves commencer à se briser. Des chercheurs, en nombre croissant, analysent, dissèquent et déconstruisent les grands récits nationaux, et notamment les mythes de l’origine commune chers aux chroniques du passé. Les cauchemars identitaires d’hier feront place, demain, à d’autres rêves d’identité. A l’instar de toute personnalité faite d’identités fluides et variées, l’histoire est, elle aussi, une identité en mouvement.


1. Texte fondateur du judaïsme, la Torah — la racine hébraïque yara signifie enseigner — se compose des cinq premiers livres de la Bible, ou Pentateuque : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome.
2. Cf. David Ben Gourion et Yitzhak Ben Zvi, « Eretz Israël » dans le passé et dans le présent (1918, en yiddish), Jérusalem, 1980 (en hébreu) et Ben Zvi, Notre population dans le pays (en hébreu), Varsovie, Comité exécutif de l’Union de la jeunesse et Fonds national juif, 1929.
3. La Mishna, considérée comme le premier ouvrage de littérature rabbinique, a été achevée au IIe siècle de notre ère. Le Talmud synthétise l’ensemble des débats rabbiniques concernant la loi, les coutumes et l’histoire des Juifs. Il y a deux Talmud : celui de Palestine, écrit entre le IIIe et le Ve siècle, et celui de Babylone, achevé à la fin du Ve siècle.
4. Parlé par les Juifs d’Europe orientale, le yiddish est une langue slavo-allemande comprenant des mots issus de l’hébreu.
5. Dans la mythologie grecque, Clio était la muse de l’Histoire.


AUTEUR
Shlomo Sand – Historien, professeur Ă  l’universitĂ© de Tel-Aviv, auteur de Comment le peuple juif fut inventĂ©, Ă  paraĂ®tre chez Fayard en septembre.


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BRON
Le Monde diplomatiqueaugustus 2008




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